Mobiliser une communauté autour de son projet: le défi de la distance

Mobiliser une communauté autour de son projet: le défi de la distance

La Route des Possibles est un tremplin pour les projets à impact social. À travers l’organisation d’activités et le développement d’outils pédagogiques, l’objectif est de soutenir l’innovation sociale au Québec. Dans le cadre d’un partenariat avec ZEBREA, la Route des Possibles publiera une chronique régulière sur différentes thématiques et mettant en avant leurs expériences vécues dans l’organisation de ce projet. Découvrez aujourd’hui le premier billet :

 

Une des premières priorités pour la Route des Possibles  était de rassembler une communauté forte autour de notre projet. Nous voulions que les entrepreneurs sociaux et les futurs entrepreneurs sociaux québécois se reconnaissent dans la Route des Possibles et soient prêts à partager nos valeurs. Comme nous avions décidé que la Route des Possibles partirait dans cinq villes québécoises, notre premier défi a été de réunir une communauté dans les quatre villes où nous n’avions au départ presqu’aucun réseau : Sherbrooke, Québec, Chicoutimi et Trois-Rivières. L’enjeu était pour nous de s’assurer que nos vingt participants rencontreraient les figures majeures de l’entrepreneuriat social de ces régions, et également que ces régions soient elles-mêmes impliquées dans la conception de notre voyage et de notre parcours. Le deuxième enjeu pour notre équipe, et qui est encore aujourd’hui un enjeu de taille, est de rassembler une communauté pan québécoise de jeunes ambitieux et talentueux se sentant prêts à relever les défis sociaux et environnementaux de demain. Nous souhaitons que cette communauté se crée au-delà des 5 villes sur notre passage.

 

Nous nous sommes ainsi heurtés à une problématique que connaissent beaucoup de jeunes organisations : comment définir, mobiliser et fidéliser une communauté ?

 

Dans un premier temps, il nous a fallu définir ensemble ce à quoi on voulait que notre communauté ressemble.

Nous nous sommes mis d’accord pour qu’elle représente :

  • des jeunes de tout le Québec inspirés par les valeurs de l’entrepreneuriat social
  • des experts ou entrepreneurs sociaux, talentueux et désirant partager leurs connaissances
  • plus largement toute personne intéressée à résoudre les problématiques sociales et environnementales du Québec

 

Dans chacune des villes de notre passage, nous avons ainsi mis sur pied deux stratégies :

  • recruter des jeunes motivés pour nous aider à organiser le passage de l’autobus dans leur ville et pour rassembler les jeunes de leurs régions autour de notre projet
  • créer des comités consultatifs d’experts, de chaque région, se réunissant tous les mois et participant à la réflexion sur la constitution de notre tournée.

 

Dans un second temps, nous avons réfléchi à comment atteindre cette communauté: Quels sont les moyens de communication les plus pertinents pour la toucher ? Ces moyens de communication sont-ils les mêmes pour ces deux cibles, ou faudra-t-il s’adapter ?

 

Pour nous rapprocher de jeunes capables de nous aider à organiser la tournée dans chacune des villes, nous avons décidé de passer directement par les universités, et cela par divers moyens :

  • les journaux étudiants
  • les associations étudiantes
  • les classes et les professeurs traitant d’économie sociale et/ou d’environnement.

Nous pensions que les universités regorgent d’étudiants souhaitant s’engager dans des projets qui font du sens et nous avons visé juste. Nous avons rapidement pu recruter des jeunes talentueux à Sherbrooke, à Québec et à Chicoutimi. C’est à Trois-Rivières qu’il nous a fallu plusieurs mois et plusieurs relances pour dégoter la perle rare !

 

En parallèle de ce recrutement, nous avons créé des comités consultatifs. Nous avons contacté ces experts, un par un, souvent par référencement de l’un par l’autre, pour leur présenter notre projet et leur demander leur soutien. Nous sommes allés, par la suite, à leur rencontre dans les différentes villes et nous avons essayé de leur partager notre vision, notre mission et nos valeurs. Le plus important a été de montrer que nous étions ouverts à la critique et aux commentaires qui pourraient nous faire grandir. C’est comme ça que nous avons acquis leur confiance : en étant à l’écoute, au-delà de notre motivation.

 

Suite à cette première vague de mobilisation réalisée dans nos premiers mois de travail, l’enjeu a été de mobiliser plus de personnes, plus de jeunes, plus de passionnés de l’entrepreneuriat social et pour cela, nous avons du identifier de nouveaux moyens de communication. Les réseaux sociaux, comme Facebook et Twitter, ont été nos moyens premiers pour toucher de plus en plus de gens partout au Québec et pour faire connaître la Route des Possibles. Nous nous sommes efforcés de donner de nos nouvelles presque tous les jours et d’informer nos « followers » à chacune de nos avancées et chacun de nos succès.

 

Notre communauté, basée sur un réseau québécois de jeunes et d’experts, a donc grandit au fur et à mesure. Nous avons alors été face à une nouvelle problématique : comment fidéliser cette communauté ?

 

Due à la distance qui sépare ces différentes villes du Québec, nous avions peur que le lien avec notre communauté ne tienne pas éternellement. C’est pour cela que nous avons décidé d’organiser des événements régulièrement dans ces villes. Notre volonté était de nous montrer aux nouvelles personnes qui nous suivaient sur les réseaux sociaux et de leur montrer qui nous étions et comment nous incarnions la Route des Possibles.

 

Nous avons organisé récemment une tournée de 5@7, suite à laquelle nous avons tiré des leçons intéressantes pour les prochaines fois. Les événements étaient tous gratuits sauf dans la ville de Québec, où nous avions demandé une participation de 5$. Nous avions peur de réunir moins de monde en rendant le 5@7 payant, mais c’est pourtant l’opposé qui s’est produit. Les participants ayant déjà réservé, le jour même, tout le monde a fait l’effort de venir, sans se laisser distraire par d’autres occupations liées au début du printemps québécois. Nous pensons qu’une demande de participation, minime comme 5$, permet de fidéliser la communauté à nos événements, en effet, comparé aux autres villes, proportionnellement au nombre de personnes « inscrites », nous avons rencontré un plus grand succès à Québec.

 

Malheureusement, nous n’avons pas les moyens de nous rendre partout au Québec, jusqu’en Abitibi ou jusqu’en Gaspésie. Nous avons donc une plus grande difficulté à joindre les personnes de ces régions, seulement via les réseaux sociaux.

Notre prochaine problématique à résoudre est donc face à nous : comment atteindre, engager et fidéliser ces jeunes et ces entrepreneurs sociaux dans l’ensemble des régions du Québec ?

 

 

 

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