Flotter sur les bancs de l’école
Posted by

Flotter sur les bancs de l’école

Une école qui flotte, cette idée peut paraître assez folle à premier abord mais elle permet aujourd’hui à une centaine d’enfants de la communauté de Makoko à Lagos, Nigéria, de se rendre à l’école, et ce peu importe le niveau des eaux.

 

Ancienne capitale du Nigéria, Lagos reste aujourd’hui le principal centre commercial et industriel du pays. C’est aussi, avec ses 12 millions d’habitants, la deuxième plus grande ville d’Afrique après Le Caire. Située au bord de l’océan Atlantique, c’est également à Lagos qu’on trouve le plus ancien bidonville du Nigéria:  Makoko. Ce bidonville sur pilotis accueille aujourd’hui plus de 100,000 personnes vivant sur l’eau, où on n’y trouve ni eau courante, ni électricité, ni système d’assainissement. Considéré comme un épineux problème à la fois humain et environnemental par les autorités municipales, Makoko a fait l’objet en 2012 d’un plan de démolition, offrant 72 heures à ses résidents pour quitter les lieux. Suite aux protestations et à l’absence de plan de relogement, le bidonville est toujours sur pied, mais les défis restent les mêmes. Résultat du phénomène d’urbanisation accélérée connu des grandes villes africaines, Makoko subit également de plein fouet les conséquences extrêmes du changement climatique, affectant considérablement la durabilité de cette zone d’habitation informelle.

 

Les défis sont donc nombreux, et c’est donc ce contexte que le projet d’école flottante de Makoko apporte un élément de réponse innovant, alternatif, mais également écologique aux besoins de cette communauté. Inaugurée en mars 2013 dans le cadre d’un projet-pilote, la structure sert en premier lieu d’école et de centre communautaire pour les résidents de Makoko. L’école se distingue avant tout par sa forme triangulaire, qui devient facilement repérable dans le chaos urbain de la grande ville. Le projet est une idée de l’architecte Africain Kunlé Adeyemi, également fondateur de NLÉ works, mais dont la réalisation n’a été possible qu’avec la collaboration de la communauté dans son ensemble, qui en a assuré la construction. La bâtisse s’illustre également par la durabilité de sa structure: approvisionnement local du bois et des matériaux, récupération des eaux de pluie, et panneaux solaires.

 

Pour Kunlé Adeyemi, l’architecte à l’origine du projet, la structure ne doit cependant pas se limiter à sa fonction première d’éducation mais doit servir à la communauté. Une fois l’école terminée, la structure devient ainsi le point de rencontre de nombreux marchands qui viennent accoster leurs bâteaux, ou de pêcheurs demêlant leurs filets.

 

Makoko Floating School. Crédit Photo : NLÉ works

Makoko Floating School. Crédit Photo : NLÉ works

 

Alors que Makoko était menacé de démolition par les autorités gouvernementales en 2012, le ministère de la planification et du développement urbain a depuis annoncé son intention d’intégrer la structure de l’école dans un plan de réhabilitation pour l’ensemble de la communauté de Makoko. Pour K. Adeyemi, « c’est un moment rare et significatif de l’histoire […] quand l’innovation vient de pair avec une ouverture des esprits et un réexamen des politiques pré-établies ».

 

S’appuyant sur le succès de ce projet pilote, le prototype devrait pouvoir être exporté dans bien d’autres contextes et communautés, en dehors même du Nigéria. La structure peut également être adaptée pour construire des centres de santé, hôpitaux, ou autres, à condition toujours qu’ils répondent aux besoins criants des populations.

 

Image à la Une : NLÉ works

 

0 0 386 08 juillet, 2015 Innovations sociales, International juillet 8, 2015

Facebook Comments

Articles sur le même sujet