Apporter sa différence
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Apporter sa différence

MelanieBissonZEBREA laisse la parole à Mélanie Bisson, Coordonnatrice au Réseau québécois en innovation sociale (RQIS) (en congé de maternité)

  

  1. Pourriez-vous vous présenter : Quel est votre parcours ?

 

Le fil conducteur de mon parcours a toujours été l’être humain : d’abord dans son existence physique individuelle à travers mes cours de physiologie humaine alors que j’étudiais en sciences biologiques!… Jusqu’à l’importance de chacune et de chacun dans les transformations sociales qui sont nécessaires pour aborder la complexité du monde et de ses défis. Entre les deux, je me suis surtout investie dans le domaine environnemental, où la question de la recherche commune de solutions par des acteurs de secteurs différents a accaparé beaucoup de mes intérêts. C’est ce qui m’a ultimement amenée au RQIS, où je me suis sentie tout de suite à mon aise. L’innovation sociale est pour moi LA porte d’entrée vers les solutions qui nous permettront d’aborder le futur dans toute sa complexité, que ce soit dans le secteur de l’environnement, de la santé, de l’éducation, etc.

 

  1. Ce qui vous inspire à faire une différence ? Y-a-t-il eu un moment déclencheur dans votre vie?

 

Ce qui me motive (et donc me touche) depuis mon adolescence est un mélange d’équité, de justice sociale, de « mise à niveau » des chances … En effet, nous ne partons pas tous avec les mêmes outils, les mêmes chances, le même bagage, ce qui crée des inégalités importantes et des injustices envers lesquels nous ne sommes pas impuissants, au contraire. Par contre, on ne peut y arriver seul – la collaboration, l’ouverture, la créativité sont des éléments essentiels de la recherche de solution. Je crois dur comme fer dans la mise en commun des forces de chaque secteur, de chaque individu.

Aujourd’hui, l’empathie est centrale dans ma compréhension du monde et oriente beaucoup de mes actions, que ce soit à titre professionnel ou personnel.

 

  1. Que voudriez-vous changer ? Quel est votre rêve le plus fou ?

 

Pour changer le monde, il faudra innover dans nos façons de faire, dans la façon dont nous entrons en relation les uns avec les autres et même dans la façon dont nous définissons les problèmes auxquels nous faisons face. Pour innover, il faudra se défaire des barrières qui nous maintiennent dans une logique de sécurité, de zone de confort. Au contraire! Il faut oser en tant que société : il faut ouvrir grandes les portes de la prise de risque, de l’expérimentation, d’une réelle collaboration qui dépasse les intérêts individuels. Je pense que nous avons besoin d’une « culture du risque », ou l’échec peut devenir une partie de la solution à long terme.

 

  1. Quels sont vos défis de tous les jours ?

 

L’un des principaux défis d’une organisation dont la mission est la promotion et la valorisation de l’innovation sociale est la reconnaissance, par tous les acteurs de notre société, du concept même d’innovation sociale et de ses bienfaits. Alors qu’un grand nombre d’individus et d’organisations s’inscrivent dans cette mouvance assez forte au Québec et dans le monde actuellement, certains acteurs influents doivent encore être convaincus de sa valeur ajoutée, notamment en termes de retombées pour la société québécoise. Le RQIS a mis en place plusieurs chantiers et travaux ayant précisément comme objectif de rendre plus accessible l’innovation sociale et d’en comprendre les bénéfices et les processus.

 

  1. En dehors de votre projet, avez-vous des “initiatives coups de coeur” qui vous inspirent ?

 

Une tonne d’initiatives m’inspire! Par-dessus tout, je pense que ce sont les gens derrière ces initiatives qui m’inspirent le plus : ceux qui innovent, ceux qui croient en leurs projets, qui mobilisent, qui persévèrent, qui se relèvent après s’être pris les pieds dans un obstacle et qui apprennent de leurs échecs. Je ne pense à aucune initiative qui embrasserait à elle seule tout ce qui m’inspire ; c’est la diversité des idées, des projets et des personnes qui s’adaptent à des situations toujours uniques qui m’inspire particulièrement. Le Québec est un bassin foisonnant de ces initiatives.

 

  1. Avez-vous un geste ou une habitude solidaire à partager ?

 

Je pense que l’une des clés est d’écouter – d’entendre ce que le monde qu’on souhaite changer a à dire… pas seulement de la part des gens qui occupent plus facilement les tribunes, mais également de la part des personnes qui se tiennent dans l’ombre et dont la perspective nous apprend beaucoup, ainsi que de la part des personnes plus vulnérables, qui sont souvent les moins écoutées. Je m’efforce, tant dans ma vie professionnelle que personnelle, de faire preuve d’écoute et d’apprendre, avec humilité.

 

  1. Le mot de la fin ?

 

Ne pas se laisser freiner par nos peurs! Les auteurs de Getting to Maybe, un livre dont je recommande la lecture à quiconque souhaite être inspiré par l’innovation sociale, reprennent judicieusement une citation de Marianne Williamson que j’aime partager (en anglais) :

« Our deepest fear is not that we are inadequate. Our deepest fear is that we are powerful beyond measure. It’s our light, not our darkness that most frightens us. (…) We are all meant to shine, as children do… It is not just in some of us; it is in everyone. »

0 0 483 12 novembre, 2014 Parcours novembre 12, 2014

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